Le rire et le couteau

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Bande annonce
Réalisation Pedro Pinho
Année 2025 Durée 03H30 Langue VOSTFR

Synopsis

Sergio voyage dans une métropole d'Afrique de l'Ouest pour travailler comme ingénieur environnemental sur la construction d'une route entre le désert et la forêt. Il se lie à deux habitants de la ville, Diara et Gui, dans une relation intime mais déséquilibrée. Il apprend bientôt qu'un ingénieur italien, affecté à la même mission que lui quelques mois auparavant, a mystérieusement disparu. 

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LE FILM VU PAR LES MUTINS

N'y allons pas par quatre chemins, ce film est un des plus grands films que nous avons vu depuis bien longtemps à CinéMutins.   Évidemment que la durée peut effrayer les impatients, mais quand on arrive au bout de ces 3h30 de cinéma, on veut absolument savoir quand on pourra voir la version intégrale de 5h30.  Quand on sait qu’il y a des gens qui regardent des séries complètes, d’affilée, en une seule soirée, cet argument de la durée ne tient évidemment pas.  Le rire et le couteau de Pedro Pinho est un grand film, à tous les niveaux : image, durée, sujet, personnages, interprétation, jusqu'aux rôles de "passages", qui n'ont rien de secondaire. Pedro Pinho est un grand cinéaste, probablement un des plus talentueux de sa génération (au moins).  Quand on se demande un peu "comment c'est fait", on ne voit pas la frontière entre documentaire et fiction.  Mais surtout, on ne se le demande pas, car le film nous embarque, peu à peu, dans un voyage qui va profondément nous enfoncer dans l'âme humaine, la vérité des rapports, en premier lieu celui de l'occident et de l'Afrique (ici on est en  Guinée-Bissau, libérée tardivement de la colonisation portugaise, en 1974), le poids de l'histoire coloniale,  les ravages du capitalisme, une impossibilité d'un commun, mais une force d'attraction des corps, une grande finesse dans la complexité des rapports de domination.  Jamais la suite de l'histoire de la colonisation n'a été montrée avec autant d'humanité et de justesse.  Seul le cinéma pouvait y parvenir et un cinéaste qui avait éprouvé le réel, pensé et gagné la liberté d'aller au bout de son art. 

« Je crois qu'il n'y a pas de cinéma en dehors d'un geste politique. » - Pedro Pinho, réalisateur.

« On ment si on prétend le contraire. C'est un geste de réflexion politique, et pas uniquement de réflexion mais aussi de communication politique. Il n'y a rien de plus politique que Disney ou Marvel. C'est tellement politique que ça en devient clairement de la propagande. Les valeurs véhiculées sont très claires, tout comme les modes de vie, les modes de pensée, les modes de normalisation, comme les vêtements. Je suis un peu inquiet chaque fois qu'on dit « Ah, mais tes films sont politiques. » Mais c'est quoi les films qui ne le sont pas ? Je ne comprendrai jamais cette question. Ce que j'essaie de faire, c'est un travail artistique qui tente d'éclaircir quelque chose dans un rapport que j'établis avec le public. J'essaie de montrer quelque chose de l'ordre du discursif qui sera toujours politique. » 

(Extrait de l’entretien avec Pedro Pinto dans Rayon vert cinéma)
 -Lire l’intégralité sur rayonvertcinema.org

 

Revue de presse 

Le Monde Diplomatique :  Radicale et sensuelle, l’approche du réalisateur portugais traque les contradictions issues des rapports de domination, et saisit l’humiliation à rebours. Donnant un visage au capitalisme postcolonial, la fureur d’une vieille villageoise, explosant face à de jeunes humanitaires bienveillants lorsqu’elle apprend que l’eau des toilettes des Occidentaux est potable, restera à cet égard exemplaire. Ce film de fiction joliment politique s’inscrit aux antipodes de l’exotisme.

Les Inrockuptibles : La sublime idée du film est de conjuguer la déconstruction du néocolonialisme qu’il incarne avec celles du patriarcat, des normes de genre, du racisme et du classisme, et ce, sans jamais tomber dans une forme de didactisme édifiant. 

Libération : Rarement film a su si bien allier la littéralité la plus dépliée à une ambiguïté de tous les instants. Le Rire et le couteau, ce qui se dit et ce qui se vit.

L'Humanité : Surtout ne pas se laisser décourager par la longueur du film. Le réalisateur portugais Pedro Pinho, qui signe là son cinquième long-métrage, est un adepte du temps long. Celui qui permet, dans un mouvement continue, d’explorer les mille pistes qui jalonnent un parcours.

Le Monde : Le film, dont le titre renvoie à une chanson du Brésilien Tom Zé, né en 1936, déroule des histoires de vies contrariées, exposées à la violence, qui essaient toutefois de toucher le sublime par instants. On l’atteint, justement, lors d’une scène fusionnelle au bord de la mer, où Sergio, Diara, Gui et les autres partagent un moment apaisé, à côté de vaches immobiles.
 

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Proposé par Universciné Pays de production Portugal Zone de diffusion France / Guadeloupe / French Guiana / Martinique / Mayotte / New Caledonia / French Polynesia / Réunion / Saint Martin (French part) / French Southern Territories

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