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La force des choses

VF • Accès : Monde • Durée : 1h30
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Education Colonialisme Famille Travail inédit en VOD
Documentaire Réalisé par Bernard Mulliez (Belgique, 2018) Proposé par Argos

Ce film est un portrait de mon père, rentier d’un empire commercial à capital familial par simple naissance. J’ai essayé de rendre visible les forces extérieures qui traversent un homme, il y a l’argent évidemment mais aussi un mode d’emploi intériorisé qui accompagne le capital. Derrière la célébration de la multiplication des pains se cache l’impuissance face à la somme reçue sans avoir produit l’effort.
Dans ce film on voit un homme, sa volonté de maitriser l’organique d’un jardin replié sur lui-même, qui en quête de sens trouvera dans la charité chrétienne un palliatif a ses insomnies, réactivant un inconscient colonial qui reconduit toujours la supériorité innée d’une minorité sur les territoires humains déjà conquis.

À voir en libre accès (0€)
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Un Roi sans divertissement est un homme plein de misère

Il n’est guère facile de rendre compte du film de Bernard Mulliez « L’ordre des choses ». Il nous introduit dans un univers que peu connaissent, celui d’un rentier, mais aussi dans une histoire familiale, s’agissant de son père et on devine les relations difficiles. Comme l’un tient la caméra, et l’autre pas, on est souvent un peu gêné d’être comme pris à témoin.

Cet homme vit dans un immense domaine du Brabant-Wallon où de nombreuses fortunes sont discrètement établies.

Il s’est entouré de très nombreux gadgets de haute technologie, que ce soit pour nourrir ses poissons, surveiller sa résidence, de véhicules, y compris pour parcourir son bois aux allures de forêt vierge ou de colline de son enfance…

Comme un Roi sans divertissement, cet homme, pris dans « l’ordre des choses », s’ennuie et essaie de s’inventer des choses à faire.

Un ordre des choses qu’il décrit : rentier par héritage (« J’aurais pu naître au Burkina »), comme un gagnant du loto, et éloigné des responsabilités de l’accumulation, à la différence des « généraux » d’industrie du groupe familial qui se réunit à Ostende où tout a vraiment commencé : enfants jouant sur la plage et messe célébrant la multiplication des petits pains par la grande distribution… Nostalgique de son enfance à chasser les petits oiseaux, comme tant d’amoureux du « Château de ma mère » du Sud de la France, cette vie simple et heureuse, il croit la voir dans les enfants Burkinabé, comme s’ils faisaient Carême pour un paradis perdu... Nostalgique de son service militaire en Algérie, aux multiples jeux d’enfants mettant le feu aux rivières, et où, au moins, on ne s’ennuyait pas, car on vivait quelque chose… Critique, comme tout le monde, d’un système de consommation permis par des lois, qui endette les pauvres, nous pousse vers le gouffre et l’assigne, lui, à résidence, car comment pourrait-on refuser l’héritage et ne pas « profiter du système » ? Cela n’y changerait rien... Quant à apprendre à en faire quelque chose, « le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard ».

« Car même quand je donne, ce n’est pas vraiment moi, c’est pas moi qui l’ai gagné ce truc-là… ». Même donner est donc impossible… On ne donne pas, on finance ceci ou cela, en se disant que c’est bien, sans doute parce qu’on vous l’a bien vendu et que donc vous l’avez acheté, en choisissant les méritants… Or qui n’est pas : « ayant-droit » ? Et comment faire des projets qui tiennent la route quand personne ne vous l’a appris et ceux qui le voudraient bien ne savent pas non plus ?

Au Burkina, on finance des écoles (et l’éducation qu’on regrette ? Mais l’éducation... à quoi ?), mais pas les puits que les villageois réclament si timidement : comment connaîtrait-on les besoins ? Répétant, inlassablement, combien la fortune est une prison, et la pauvreté une libération proche de l’illumination. Ce qui vaut bien une messe… et un cours sur « le partage de l’eau ». L’hymne sankariste s’écoule, comme une rivière jaillie des collines, s’enflamme quelque part en Algérie puis se noie au fond d’une piscine.

Heureux ceux qui ne sont pas les esclaves d’un 4X4 climatisé…

Cette projection d’un drame existentiel personnel dans des villages Burkinabè peut faire sourire ou énerver : « c’est amusant, c’est pathétique ». Mais n’est-ce pas aussi le sort de tant de communs voyageurs en quête du Bien qu’ils ne savent faire, sous les latitudes lointaines ? On voit facilement la poutre, souvent moins la paille.

Car c’est « l’ordre des choses ». Et méfions-nous, car « la vérité est vraie pour tout le monde » comme fait dire Jean Renoir dans « La règle du jeu ». Quand la caméra de surveillance ne détecte pour tout mouvement que du vent dans les arbres, c’est là qu’il faut s’inquiéter…

Bendy Glu

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