Synopsis
Un film essai d'Orson Welles sur "le délicieux mensonge" de l'oeuvre d'art, une variation sur les rapports du créateur avec sa création et toute la vérité sur un des plus grands faussaires, Elmyr de Hory.
Orson Welles, vêtu en prestidigitateur, nous annonce qu’il va dire toute la vérité pendant l’heure qui suit. Un montage diabolique nous entraîne dans une sarabande de faussaires et de faux-semblants, agrémentée d’interrogations sur la valeur de l’art. Toute la vérité d’abord sur le roi des imitateurs, l’homme aux 60 noms, Elmyr de Hory, émigré hongrois retiré à Ibiza, dont les toiles, “ajoutant” aux œuvres de Braque ou Chagall, Picasso, Matisse ou Modigliani, ont trompé les meilleurs experts et sont, nous dit-il, accrochées dans les plus grands musées. En contrepoint, “toute la vérité” sur les ruses du montage en champ/contre-champ ; le secret du dernier nabab, Howard Hughes, et de son supposé biographe ; un retour sur “Citizen Kane”, inspiré en partie du magnat Hughes, dont la compagnie RKO produisit le chef d’œuvre du jeune Welles ; et à la fin, la révélation de la dernière muse de Picasso, qui se trouve étonnamment être une bonne amie de Welles, celle-là même sur laquelle se retournaient apparemment (grâce au montage) tous les regards des passants au début du film. La boucle est bouclée. Que vaut l’art ? Mais que vaudrait la vie sans l’art ?
Revue de presse
New York Times : « F for Fake est un film exaspérant et merveilleux, un jeu de dupes intellectuel mené par un maître illusionniste qui ne cesse de rappeler au spectateur qu’il est en train d’être manipulé — et que cela fait partie du plaisir. Welles ne cherche jamais à clarifier la frontière entre le vrai et le faux, il s’emploie au contraire à la rendre toujours plus poreuse. »
Variety : « Plus qu’un documentaire, F for Fake est un essai filmé virtuose, construit comme une démonstration de prestidigitation. Son montage rapide, son humour et son intelligence en font une œuvre stimulante, mais qui exige une attention constante et un goût certain pour le jeu intellectuel. »
Les Cahiers du cinéma : « Avec F for Fake, Welles ne se contente plus de filmer le monde : il filme le mensonge lui-même. Le film devient un espace où se confrontent le faux, le vrai, l’art et la mystification, sans jamais chercher à trancher. C’est un cinéma qui ne révèle pas la vérité, mais les mécanismes de sa fabrication. »
Le Monde : À l’heure des fake news et de la suspicion généralisée envers les images, F for Fake frappe par sa clairvoyance. Welles y démonte, avec humour et élégance, les ressorts de la crédulité moderne et la fabrication du génie artistique comme valeur marchande.
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