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Défi de solidarité

VF • Accès : Monde • Durée : 63mn
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Lutte Jeunes Migrants inédit en VOD
Documentaire Réalisé par Anne Richard, Caroline Darroquy (France, 2020) Produit par Tournez S’il Vous Plaît

En plein hiver, un jeune de 16 ans passe une nouvelle nuit dans la rue, faute de réponse sur son statut de « mineur isolé étranger » et faute de prise en charge par l’État français. Jusqu’au jour où un bénévole lui propose un canapé-lit chez lui pour quelques temps... Puis un autre inconnu l’accueille dans une chambre, le suivant lui prépare de bons repas... Chaque soir à Paris, plus d’une centaine d’hébergeurs forment un réseau anonyme pour répondre à l’urgence. Jusqu’où cet élan citoyen sera-t-il viable ?

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Pourquoi ce film (par Caroline Darroquy)

Je voulais faire quelque chose. Il le fallait.
Tous ces jeunes dans la rue, ce n’est pas supportable. La rue n’est pas un espace pour les enfants. Même pour les grands enfants, les ados. De ces mineurs que je vois de plus en plus nombreux dormir sur les trottoirs parisiens, je ne sais pas grand-chose si ce n’est qu’ils ont tous traversé la Méditerranée.
Je voulais faire quelque chose, il le fallait.
Mais cette vie parisienne... Toujours à courir, débordée. Les enfants, l’école maternelle d’un côté, primaire de l’autre, le métro, le boulot, les courses, les amis aussi. Alors accueillir un jeune en plus... Et s’il a vécu des choses difficiles, il sera peut-être instable, perturbé. Réussirai-je à faire face ? J’y repenserai demain...
Les jours passent, l’hiver arrive. Il pleut sans cesse depuis une semaine. Un jour de déluge, ma fille se plaint qu’il fait trop froid dans la maison.
Je vais faire quelque chose, il le faut.
J’attrape mon téléphone et appelle un collectif qui organise l’hébergement solidaire de mineurs étrangers isolés. Puis je monte le chauffage.
Je reçois très vite Tasilima, un guinéen de 16 ans que des bénévoles de terrain ont trouvé épuisé dans le camp improvisé de Stalingrad, dans le 19ème arrondissement de Paris.
Je m’excuse auprès de lui parce qu’il n’y a pas de rideaux dans le salon où il dormira. Mais la reconnaissance que je lis sur son visage est d’une telle intensité que je suis aussitôt gênée d’avoir été gênée pour une futilité aussi insignifiante que des rideaux alors qu’il dort depuis un mois dans un camp de rue insalubre. Cinq minutes après que le premier gamin que j’héberge a passé ma porte je réalise que mes craintes sont infondées. Je comprends dès lors que je ne serai pas confrontée à des gamins difficiles en pleine crise d’adolescence, mais à des jeunes dont l’instinct de survie a été sollicité très tôt, trop tôt.
Dans ce documentaire, ma co-réalisatrice Anne Richard et moi avons souhaité protéger l’anonymat de ces jeunes pour ne pas porter préjudice à leur parcours juridique semé d’embuches. Nous racontons l’expérience de l’accueil à travers les yeux et les émotions de citoyens ordinaires qui, face au risque du délit de solidarité, ont choisi d’assumer le principe de fraternité. Chaque soir, des étudiants, des retraités, des célibataires, des familles partagent l’intimité de leur foyer avec ces enfants échoués de la traversée.
Cet engagement, aussi riche soit-il, pourra-il palier indéfiniment la défaillance de l’État face aux Droits de l’Enfant ?

Communiqué

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