CinéMutins

Se connecter / s'inscrire

America great again... again ?

Comment en est-on arrivé à Donald Trump ? Cette Amérique, si loin du rêve...

En savoir plus

En juillet, le célèbre linguiste et penseur critique américain Noam Chomsky répondait à en entretien à Democracy Now ! par ces propos, qui pouvaient paraître farfelus pour des Français il y a trois mois à propos de Donald Trump et des élections :

" Il y a diverses manœuvres qu’ils pourraient théoriquement entreprendre. L’une d’entre elles pourrait être d’essayer de jeter l’élection aux oubliettes - de refuser d’accepter le vote, pour s’assurer que les gouverneurs Républicains n’autorisent pas leurs propres électeurs. C’est une routine automatique, mais techniquement, ils pourraient refuser. On pourrait la lancer à la Chambre des représentants où il y a suffisamment de Républicains pour transformer l’élection en une farce du genre de celle que l’on trouve dans les dictatures de pacotilles. C’est une possibilité. Une autre possibilité est qu’il pourrait simplement essayer d’appeler les militaires à imposer la loi martiale. Le fait est qu’il [Trump] ne peut pas perdre. Tout d’abord, il est psychologiquement incapable de perdre. Deuxièmement, s’il perd, s’il quitte la Maison Blanche, il pourrait être confronté à de graves problèmes juridiques. Maintenant, il a l’immunité, mais il y a tout un marécage autour de lui. Il a essayé d’empêcher qu’on enquête sur lui. Il a renvoyé tous les inspecteurs généraux lorsqu’ils ont commencé à enquêter. Le procureur fédéral du district sud de New York (de Wall Street etc.) ; c’est-à-dire le plus important, a commencé à enquêter. Il l’a viré, et l’a remplacé par un agent du Private Equity Industry (capital-investissement). Il n’y a rien qu’il ne ferait pas pour essayer de conserver son poste. Il n’y a pratiquement rien que vous pouvez imaginer.
C’est une crise majeure. Il existe une forme ou une autre de démocratie parlementaire depuis 350 ans en Angleterre, et 250 ans ici, et rien de tel ne s’est produit auparavant. Nous avons affaire à un personnage qui n’appartient pas au spectre politique des démocraties en fonction. Et il a derrière lui un parti politique qui vient de se transformer en lâche flagorneur. Ils sont tous terrifiés à l’idée de croiser "Sa Majesté impériale". Il a une base populaire de milices suprémacistes blanches, lourdement armées et en colère. On ne sait pas ce qu’il peut faire. D’ici novembre, ça sera peut-être un pays différent. Et un monde différent, étant donné la puissance des États-Unis."

L’entretien en entier ici (pour les anglophones)

CHRIS HEDGES

Chris Hedges est un journaliste américain, prix Pulitzer qui a été pendant quinze ans correspondant à l’étranger pour le New York Times (chef du bureau du Moyen-Orient, de chef du bureau des Balkans. Il anime le programme On Contact de RT America, nominée pour un Emmy Award. Il est l’auteur notamment de La mort des élites progressistes (Lux editeur) et apparait dans le film Howard Zinn, une histoire populaire américaine

CHRIS HEDGES : "Les États-Unis sont l’ombre d’eux-mêmes. Ils dilapident leurs ressources dans un aventurisme militaire futile, symptôme de tous les empires en déclin qui tentent de restaurer par la force une hégémonie perdue. Le Vietnam. L’Afghanistan. L’Irak. Syrie. La Libye. Des dizaines de millions de vies brisées. Des États en faillite. Des fanatiques enragés. Il y a 1,8 milliard de musulmans dans le monde, soit 24 % de la population mondiale, et nous les avons pratiquement tous transformés en ennemis.

Nous accumulons des déficits massifs et négligeons nos infrastructures de base, notamment les réseaux électriques, les routes, les ponts et les transports publics, pour dépenser plus pour notre armée que toutes les autres grandes puissances sur Terre réunies. Nous sommes le plus grand producteur et exportateur d’armes et de munitions au monde. Les vertus que nous prétendons avoir le droit d’imposer par la force aux autres - droits de l’homme, démocratie, libre marché, État de droit et libertés individuelles - sont bafouées chez nous, où des niveaux grotesques d’inégalité sociale et des programmes d’austérité ont appauvri la plupart des citoyens, détruit les institutions démocratiques, y compris le Congrès, les tribunaux et la presse, et créé des forces militarisées d’occupation interne qui exercent une surveillance générale du public, gèrent le plus grand système carcéral du monde et abattent impunément des citoyens désarmés dans les rues."

(Extrait de la traduction par Le Grand Soir à lire en entier ici)

Les autres collections

La VOD moins chère et plus simple avec

Les cartes prépayées