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Aimer la vie

VF • Accès : Monde • Durée : 60mn
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inédit en VOD
Documentaire Réalisé par Nadia Genet (France, 2021) Produit par Les Films d’Ici

A 91 ans, Hellyette Bess est une militante libertaire toujours active. Nadia Genet chemine avec Hellyette dont elle nous fait découvrir peu à peu la vision humaniste. A travers son histoire et celle de ses camarades de route, on perçoit la générosité d’une femme modeste, cultivée, complexe, animée par l’amitié, la générosité, la fidélité à ses principes de vie. Sur ses pas, on croise les destins de Georges Ibrahim Abdallah (militant communiste libanais, prisonnier en France depuis 1984) ou encore de Jean-Marc Rouillan (Action Directe), qu’Hellyette a régulièrement visité en prison, quelques soient les divergences politiques, explorant sans cesse les multiples nuances de couleurs qui composent le drapeau noir de l’anarchisme.
Le film est ici complété d’un entretien avec la réalisatrice.

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PRÉSENTATION PAR LA RÉALISATRICE

"Hellyette est militante, anarchiste, révolutionnaire, des mots qui avant de la rencontrer m’évoquaient surtout un drapeau noir. Un noir profond dont Hellyette me fait découvrir petit à petit toutes les couleurs qui le compose. En l’entendant me parler de son parcours, je l’entends surtout me parler d’amour, d’amitié, de loyauté. Lorsque Hellyette me propose de faire une virée en bagnole pour me présenter quelques-uns de ses amis, je me dis que c’est le meilleur moyen de toucher d’un peu plus près son cheminement personnel."

Nadia Genet

Un documentaire produit par Les films d’ici en coproduction avec France 3 Occitanie, Elever la voix
Avec le soutien de Brouillon d’un rêve de la Scam et du dispositif La Culture avec la Copie Privée, du CNC et de la Procirep-Angoa

Entretien avec la réalisatrice

Hellyette BESS, biographie du Maitron

BESS Hellyette, Luna (Helyette)
Née le 16 décembre 1930 à Paris (XVIIIe arr.) ; MIAJ ; Jeunesses libertaires ; militante de la Fédération anarchiste ; Action directe ; libraire.

Ses parents étaient représentants en livres, son père diffusa la revue La belle France. Son père s’engagea dans la résistance ce qui lui valut d’être arrêté puis déporté à la fois comme juif et résistant en décembre 1941.
Après avoir vécu à Paris puis auprès de ses grands parents à Oran (Algérie), Hellyette Bess fut interne au lycée Victor Duruy à Paris puis scolarisée à Grenoble. Après avoir quitté le lycée en 3e, elle fut tout d’abord préparatrice en pharmacie, puis secrétaire et enfin libraire. Elle a vécu jusqu’à sa mort avec René Darras (FA) puis avec Gilbert Roth.
Hellyette Bess fut éclaireuse de France (EDF) et durant plusieurs décennies (1950-1970 environ) militante du MIAJ (auberges de jeunesse) où elle fréquenta beaucoup d’autres libertaires actifs dans ce mouvement. Ses rencontres avec Aristide Lapeyre, May Picqueray, André Prudhommeaux, Charles-Auguste Bontemps et beaucoup d’autres eurent une influence sur son parcours militant. C’est d’ailleurs Aristide Lapeyre qui lui apprit à pratiquer des avortements.
En 1950, elle adhéra une première fois à la Fédération anarchiste mais en 1953, refusant de prendre part à la scission qui donnera naissance à la FCL et à la FA reconstituée, elle participa à la création, avec René Darras, des Jeunes libertaires (JL) qui eurent des groupes à Paris, Marseille, Toulouse, Toulon et Perpignan. Pendant quelque temps et jusqu’en 1963, elle a participé au Comité de liaison des jeunes anarchistes. Les JL et le MIAJ organisèrent la solidarité avec les insoumis et les réfractaires à la guerre d’Algérie puis des actions contre la guerre du Vietnam. En 1964, les Jeunes libertaires créèrent et lancèrent dans la campagne pour le A cerclé qui devint le symbole international des anarchistes. À partir de 1967, ils créèrent le Groupe libertaire d’action spontanée (GLAS) qui adhéra à la Fédération anarchiste. Elle fut alors mandatée aux Relations extérieures puis aux Relations intérieures de cette organisation ainsi qu’au Comité de lecture du Monde libertaire. Elle fut, en 1968, quelque temps permanente à la librairie Publico qui était alors rue Ternaux à Paris. Après avoir quitté la FA avec les membres du GLAS en 1971, elle participa à la création de la Coordination anarchiste qui était une tentative pour fédérer toutes les sensibilités du mouvement libertaire et les révolutionnaires anti-autoritaires. Elle participa aussi à la même période à la création de la librairie le Jargon libre dans l’esprit des Jeunes libertaires qui en conserva les initiales (JL).
À partir de 1974, Gilbert Roth et Hellyette Bess se solidarisèrent avec les Groupes d’action révolutionnaires internationalistes (GARI) fondés en 1973 à la suite de l’arrestation en Catalogne de membres de l’ex Movimiento Ibérico de Liberación (MIL) pour tenter d’éviter l’exécution de Salvador Puig Antich et de ses camarades. Elle participa dans ce cadre au soutien aux emprisonnés dont Floréal Cuadrado, Raymond Delgado, Jean-Marc Rouillan, etc. Puis après le braquage de Condé-sur-Escaut, Hellyette Bess organisa la logistique et le soutien aux emprisonnés de Condé. À leur sortie de prison, elle rejoignit les militants d’Action directe.
Arrêtée en 1984 en compagnie de Régis Schleicher, elle fut condamnée à une peine de six ans de prison et à cinq ans d’interdiction de séjour en région parisienne qu’elle passa à Avignon. De retour à Paris en 1994, elle rejoignit les autonomes et elle rouvrit à Paris, boulevard Voltaire, puis à Montreuil en banlieue parisienne le Jargon libre qui, en 2016, est à nouveau parisien depuis 2012 dans le 20e arrondissement. C’est aujourd’hui une bibliothèque de consultation ouverte aux gens du quartier et aux militants.

https://maitron.fr/spip.php?article188429, notice BESS Hellyette, Luna (Helyette) par Hugues Lenoir, version mise en ligne le 7 janvier 2017, dernière modification le 13 mai 2021.

Nadia Genet - C u r r i c u l u m V i t a e

Elvis Presley va mourir, je nais punk et bourbonnaise de parents algériens en 1977. J’ai 15 ans lors de ma renaissance à Londres en photographiant des musiciens de rue ; l’application de la peine de mort aux États-Unis m’empêche de dormir, j’adhère à Amnesty International, organise des concerts pour sensibiliser sur le sujet les copains entre deux joints. La musique m’habite, je crée une émission de radio pour mettre en ondes le désespoir métallique des zicos du coin inspirés par des guns et des roses, c’est le Nirvana. Entre deux pogos, j’obtiens un bac théâtre dont je ne fais rien d’intéressant puisque je n’ai pas vraiment le temps d’hésiter. Je prends le train de 6h20 et Paris me prend dans ses bras. Je travaille dans un théâtre privé, puis en prison où je monte un atelier théâtre pour des détenus mineurs. Je découvre la radicalité urbaine, la brutalité de sa langue, j’aimerais rendre ce monde plus beau mais je suis bien mal armée. J’ai 20 ans. Mon innocence un minimum éraflée, mes désillusions dans la poche, je continue de grandir sur une île aux Antilles en épousant un marin-pêcheur. Marie-Galante m’écrit, j’apprends à parler créole, photographie, travaille pour le salon du livre de la Guadeloupe, découvre la littérature caribéenne et cette histoire française plus noire que ses esclaves. J’ai 25 ans et l’honneur d’être jurée pour le Prix de la Jeunesse au festival de Cannes, le marché du film ; je précise pour mon papa qui du coup me file 100 balles pour lui en acheter un. Je vieillis, Marie-Galante rétrécit. À deux doigts de mourir d’ennui et d’asphyxie, je quitte la bouteille de Rhum de mon mari et entreprends de faire du ciel le plus bel endroit de la terre en devenant hôtesse de l’air, j’ai 30 ans.
En escale, j’enregistre le son des vies qui ne se rencontrent pas, la vie des gens d’en face et photographie leurs inaliénables singularités. Quand soudain, à force de trop bien voir le monde, je suis heurtée par le désespoir d’une région à la dérive à l’est du Tchad. J’entreprends la construction d’un pont photographique entre nos mondes, tentant ainsi de réduire un peu cette distance qui pourrait faire croire que cela ne nous concerne pas. Entre le son et l’image, je ne choisis pas et me forme au film documentaire aux Ateliers Varan. Je rencontre Hellyette, l’histoire commence à s’écrire, ma prime de licenciement devient caméra. Inspirée par des non-visibles que j’aimerais mettre en lumière et l’espoir de chanter en images la beauté polyphonique des couleurs qui font une vie. De ma façon de voir le monde en faire tout plein de films et rien de moins. J’ai 43 ans et tout le reste de ma vie.

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