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Pierre Carles

Depuis le premier long métrage Pas vu, pas pris, sorti cinéma en 1998, Pierre Carles s’est mis en dissidence du monde de la télévision pour construire une œuvre cinématographique originale.

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Le cinéma de Pierre Carles s’inscrit dans un courant de contestation de confrontation, se moquant des tabous et des manipulations des médias de masse, des connivences des classes dominantes et des manières pour les masquer, enquêtant sans relâche avec une mauvaise foi caractérisée, laissant toujours place au comique des situations filmées qui mettent à jour le ridicule des gens de pouvoir pris au jeu de leur vanité.

Dans ses films de confrontation, Pierre Carles pratique d’abord le journalisme de justicier : interroge, confronte, harcèle, revient sans cesse à la charge par des moyens souvent hilarants. Pour avancer, il peut se déguiser, changer de nom, se cacher, flatter, tromper... jusqu’au burlesque, l’enquête apparaissant comme un élément secondaire, un moyen d’écriture "work in progress" plutôt qu’une investigation journalistique. Dans son dispositif, l’arroseur accepte souvent d’être l’arrosé avec la complicité du spectateur. Et parfois, il se laisse volontiers séduire par les personnages dont il dresse le portrait, acceptant lui-même ses propres contradictions.
L’autre aspect de sa filmographie est une galerie de portraits de dissidents, pour beaucoup prolongements de l’esprit du Charlie Hebdo des débuts, Choron, Gébé, mais aussi, dans un autre style, le film sur Pierre Bourdieu (La sociologie est un sport de combat) ou encore sur Raphaël Correa... Et on se demande souvent s’ils ne sont pas filmé surtout pour montrer les trahisons et les lâchetés de ceux désignés comme des adversaires. C’est toute la complexité de l’œuvre du cinéaste, qui pousse son personnage jusqu’à une forme de fusion parfois, comme dans certaines scènes d’Un berger et deux perchés à l’Elysée, réalisé avec son complice de toujours Philippe Lespinasse.

Ainsi, de film en film, Pierre Carles a développé son sens de l’autodérision dans une confrontation qu’il a toujours organisé avec ses camarades de jeu, ses coréalisateurs, ses producteurs, ses distributeur et son public... Car les films de Pierre Carles ne s’arrêtent jamais. Outre les nombreuses versions de travail avant la sortie, ses techniques de montages collectifs, ses films continuent à vivre dans les salles, à travers les débats, les polémiques qu’ils suscitent, les prolongements que l’on retrouve d’un film à l’autre.

Pierre Carles est un drôle d’oiseau et son cinéma sort des sentiers battus des du torrent des bons sentiments. Un cinéma très indépendant et qui ne laisse jamais indifférent.

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