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La longue résistance des Noirs américains

Comme on peut le constater régulièrement dans l’actualité, les États-Unis sont profondément marqués par le traitement fait aux Africains-Américains depuis la traite des esclaves, et l’état de révolte permanent qui a traversé l’histoire.

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La lutte pour l’égalité, la justice et la liberté est un combat incessant, la condition incontournable de quelques victoires contre la barbarie.

Au début du XVIIè siècle commence la traite des esclaves venus d’Afrique afin d’alimenter la main-d’oeuvre qui servira d’abord essentiellement à cultiver le coton des plantations du Sud, comme on peut le voir dans Les routes de l’esclavage (épisode 3).

L’importation des esclaves venus d’Afrique étaient une réponse pratique au besoin d’exploiter les ressources que les colons européens n’étaient pas en mesure de cultiver eux-mêmes, tout aussi impuissants à contraindre les Amérindiens à l’esclavage. Ceux venus d’Afrique, dans un commerce qui existait depuis bien longtemps, déracinés, séparés, étaient plus facile à exploiter. Mais depuis le départ, des révoltes éclatèrent partout, comme l’évoque Les routes de l’esclavage (épisodes 3 et 4).

À certains endroits, les révoltes, les évasions, organisées avec le courant abolitionniste (Underground Railroad) provoquaient des rencontres, quand des esclaves arrivaient à trouver refuge dans des réserves indiennes. Ce fut le cas notamment à la Nouvelle-Orléans où encore tous les ans, pour le Mardi Gras, des Black Indians fêtent leur rencontre.

Des voix rebelles se sont sans cesse levées contre l’oppression et l’histoire populaire américaine est une insurrection permanente comme l’a bien montré l’historien Howard Zinn dans son œuvre.

La guerre de Sécession, l’abolition de l’esclavage en 1865, puis la ségrégation dans le Sud, avec les lois "Jim Crow" provoqua une nouvelle situation d’inégalités, d’apartheid et de discriminations, menaces, lynchages, des anciens esclaves et de leurs descendants qui perdurera encore pendant un siècle.

La longue lutte pour les Droits civiques des années 1955-1965 a abouti à la suppression de la ségrégation dans le Sud, l’application du droit de vote pour les Noirs du Sud et globalement, une prise de conscience mondiale de l’incroyable situation nord-américaine qui se présentaient comme la plus grande démocratie du monde. Cette lutte, incarnée par la figure de Martin Luther King est racontée en partie dans King, de Montgomery à Memphis, un film d’archives très complet et très impressionnant. Martin Luther King était aux côté du président Lyndon B. Jonshon quand il a signé le Voting Right Act, qui supprimait toutes les restrictions qui empêchaient les Noirs de voter. Ce fut une grande victoire, immédiatement pondérée par les premières émeutes de Watts, quartier pauvre de Los Angeles. Martin Luther King aura à peine le temps d’essayer d’organiser la lutte sociale à travers le Poor People’s movment, qu’il sera assassiné et avant lui Malcolm X et de nombreux militants noirs moins célèbres qui ont donné leur vie.

Classé parmi les 50 films américains les plus importants de l’histoire du cinéma par la Library of Congress de Washington et malgré tout bloqué de diffusion pendant 30 ans, Killer of Sheep de Charles Burnett (1977) raconte le Ghetto afro-américain de Watts à Los Angeles par la fiction.

Dans I’m not your Negro, l’écrivain James Baldwin ne se contente pas de dénoncer les violences et les discriminations à l’égard des Noirs, la terreur dans laquelle lui et ses semblables vivent à l’époque. Il s’attaque à ce qui, dans la culture américaine, et le cinéma hollywoodien en particulier, s’obstine à fausser la réalité : l’innocence factice, l’héroïsme côté blanc, la souffrance, la faiblesse côté noir, sans oublier les hypocrites scènes de réconciliations raciales.

Parmi les personnages célèbres qui incarnèrent la lutte d’émancipation des Noirs dans les années 60, on trouve le boxeur Cassius Clay devenu Mohammad Ali, the greatest, converti à l’Islam version Black Muslim après sa rencontre avec Malcolm X et qui, plus tard sera le plus célèbre réfractaire à la conscription de l’armée américaine engagée au Vietnam, jusqu’à y sacrifier son titre de champion du monde et sa carrière.

La fin des années 1960 marque l’émergence d’un mouvement radical, affirmant plus fièrement son identité noire ("Black is Beautiful") mais non moins conscient des enjeux de lutte de classes que la génération précédente : les Black Panthers. Dans le court-métrage The Devil, Jean-Gabriel Périot raconte les militants du Black Panthers party à l’aide d’archives de l’époque.

Angela Davis sera remarquée plus que d’autres et va devenir un symbole international et survivra donc à la destruction des leaders du mouvement orchestrée par les autorités. Free Angela témoigne de cette terrible histoire des prisonniers politiques du Black Panther party et des leaders persécutés et assassinés.

Le massacre des mutins de la prison d’Attica en 1971 en est le point culminant, dont la portée n’échappera pas au musicien engagé Archie Shepp dans son The sound before the fury. à Attica, le massacre fut ordonné par le gouverneur Rockefeller, qui perpétuait ainsi la doctrine familiale : « Il ne faut pas leur laisser penser que la révolte, ça peut marcher. »

Malgré les politiques de discrimination positive et l’affirmation de la culture noire aux yeux du monde, la lutte pour l’émancipation des Noirs américains continuera à avancer lentement dans un terrain semé d’embûches, d’inégalités sociales, de harcèlement policiers, de crimes racistes, d’instrumentalisations... Les affaires de citoyens Africains-Américains tués par des policiers est récurrente. Un exemple parmi d’autres, à Baton Rouge en Louisiane, durant l’été 2017, cette lutte pour la justice filmée dans What you donna do when the world’s on fire ?.

Alors que l’Amérique a pu être présidée par Barack Obama, la lutte pour la justice et la liberté ne cesse jamais.

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 EN LIEN

- La-bas.org : Martin Luther King : « nous avons un système socialiste pour les riches, et le capitalisme sauvage pour les pauvres ! »
Entretien de Daniel Mermet avec Sylvie Laurent, historienne, autrice du livre Martin Luther King. Une biographie intellectuelle et politique (Seuil, 2015).

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