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Killer of sheep

VOST • Accès : France • Durée : 1h21
Connectez-vous ou créez un compte pour louer ou acheter ce film. Killer of sheep Location 7 jours • 4 €  ou 1 crédit VOD Killer of sheep Achat fichier • 8 €
Amérique du Nord
Fiction Réalisé par Charles Burnett (États-Unis, 1977) Proposé par Les Films du Paradoxe

Ghetto afro-américain de Watts à Los Angeles. Stan, ouvrier mélancolique, épuisé par son emploi dans un abattoir de moutons et par ses responsabilités de père de famille, résiste à la tentation de l’argent facile, sous le regard de sa femme qui n’arrive plus à communiquer avec lui…
Primé au Festival de Berlin en 1981 et classé parmi les 50 films américains les plus importants de l’histoire du cinéma par la Library of Congress de Washington.

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Un film longtemps invisible

Il aura fallu 30 ans à Charles Burnett avant de voir son film diffusé, n’ayant pas eu les droits musicaux. La trame sonore, que Burnett qualifie “d’histoire auditive de la musique populaire afro-américaine”, est une des réussites du film, avec des chansons de Dinah Washington, Etta James, Paul Robeson, Little Walter et Earth Wind and Fire.

Charles Burnett

Né le 13 avril 1944 à Wicksburg dans le Mississippi, Charles Burnett grandi dans le quartier de Watts à Los Angeles. Il commence par suivre des études pour devenir électricien mais il est très vite attiré par la réalisation et la photographie. Formé à l’école de théâtre, de cinéma et de télévision de l’Université de Californie (UCLA), il réalise son premier long métrage, Killer of sheep en 1977. Cette œuvre est déclarée “trésor national” par le National Film Registry et fait dorénavant parti des 50 films les plus importants de l’histoire du cinéma américain, préservés dans la bibliothèque du Congrès.

Une œuvre profondément sociale et politique

Ce premier film de Charles Burnett est un événement dans le paysage du cinéma Noir Américain, jusqu’ici cantonné soit à la blaxploitation, soit au pamphlet politique radical à la manière d’un Melvin Van Peebles et de son « Sweet Sweetback’s Baadasssss Song ». Dans les deux cas, des films qui clament haut et fort l’identité et la fierté du peuple noir, l’un avec des vues plutôt mercantiles, l’autre dans l’optique d’appuyer le combat ailleurs porté par les Black Panthers. Burnett choisit lui une toute autre voie, celle du réalisme et du refus du militantisme afro. Avec ce premier long, film de fin d’étude à l’UCLA, Burnett raconte la vie quotidienne dans le quartier de Watts à Los Angeles, là où le cinéaste a grandit. Alors que le souvenir des émeutes est encore dans tous les esprits, « Killer of Sheep » ne dégage aucune haine, aucun ressentiment ou désir de vengeance, ce qui ne l’empêche pas d’être une œuvre profondément sociale et politique. Si le film porte bien un discours, il n’a aucune vocation pamphlétaire ou didactique, pas plus qu’il n’a le désir d’être spectaculaire. Burnett, en suivant Stan, un employé des abattoirs, ses amis prolétaires et quelques autres personnages gravitant autour du groupe, choisit de parler de la « middle-class » de la communauté black. Il ne filme pas la drogue, la prostitution, les trafics (qui sont le terreau de la blaxploitation), l’extrême pauvreté et les conditions de vies désastreuses des ghettos, mais le quotidien d’un quartier, où l’on sent certes ces problèmes, mais de manière un peu lointaine, périphérique. Il raconte un quotidien moins spectaculaire en terme de cinéma mais plus proche de nous : celui qui consiste à travailler sans compter pour gagner de quoi vivre, à lutter pour ne pas plonger dans le crime ou la drogue, à conserver sa dignité. Burnett ne filme pas le quart monde, simplement des histoires partagées par l’ensemble de la classe populaire américaine. Il n’offre pas une vision romantique du monde ouvrier, ne montre pas de grandes victoires ou des défaites, mais la lutte quotidienne de ces hommes, femmes, leurs espoirs et leurs désillusions. Pas de véritable intrigue, juste des instantanés, de scènes de tous les jours : Stan à l’abattoir, sa virée avec un pote pour acheter un moteur de voiture, un enfant témoin du vol d’une télé... des séquences à la fois tristes, dépressives, mais aussi parfois étonnamment joyeuses ou douces. Des instants en demi teinte, comme la vie, qui donnent cette sensation de vérité, sensation appuyée par le fait que Burnett tourne avec des acteurs non professionnels, avec ses amis et connaissances de Watts. La forme mosaïque du récit est aussi celle d’une bande originale qui compte un impressionnant nombre de morceaux racontant à leur manière l’histoire des afro-américains. On va ainsi de Louis Armstrong à Earth, Wind and Fire, en passant par Howlin’ Wolf ou encore Scott Joplin ou Gershwin, ce qui n’a pas été sans poser de problèmes pour la distribution, les seuls droits des morceaux coûtant plus de dix fois le coût du film (150 000 dollars pour 10 000 de budget !). « Killer of Sheep » reste ainsi longtemps dans les cartons avant que l’UCLA ne paye officiellement les droits. Ce petit film d’étude tourné en 16mm et en noir et blanc fera finalement partie des cinquante films conservés à la Bibliothèque du Congrès et est, à ce titre, considéré comme trésor national. Étrange et heureux destin qui en dit long sur l’importance historique de ce film, de sa place à part dans le paysage du cinéma américain. A découvrir absolument.

Olivier Bitoun (DVD classik)

Revue de presse

- L’Humanité : La chronique cinéma d’Émile Breton. Grand film pour petit écran : Killer of Sheep (1977), de Charles Burnett, sorti en France en 2008 seulement et que peu de spectateurs alors ont pu voir. Il ne faut pas rater l’occasion, aujourd’hui, de le découvrir, même sur un écran réduit.

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